4 ans au Canada! #amazing

Il y a 4 ans je débarquais avec un mari, un mini Gaou et 3 valises à l’aéroport de Toronto. Je me souviendrai toujours de cette journée. Depuis l’eau est passée sous les ponts ; je suis célibataire, Mini Gaou est devenue Mam’zelle G et je suis l’heureuse propriétaire non pas de 3 mais de 4 valises et de 2 sacs de voyages ! AMAZING !

Ces 4 dernières années non je n’utiliserai pas le terme ô combien ridicule de Canadanniversaire même si elles sont passées vite, m’ont parfois semblées être une éternité. Je ne vais pas revenir sur ma vie professionnelle, Toronto ou Montréal car on en a parlé (et on en reparlera sans aucun doute) en long, en large et en travers sur le blog. Je vous invite à relire le bilan de l’an dernier si ça vous dit parce que mon avis sur ces questions n’a pas vraiment évolué de manière drastique. Mais aussi et surtout parce que 4 ans au Canada ce ne sont pas uniquement des choses pratiques telles que la vie professionnelle, le prix du camembert ou la ville.

Quatre années au Canada :

Ce sont de belles rencontres…
S’il y a une chose que l’immigration ici a changée chez moi, c’est ma vision de l’humain. J’ai grandi en étant convaincue que la nature profonde de l’être humain c’est d’être décevant. Je n’attends pas grand-chose des autres. Cette année, j’ai pu voir qu’il restait de belles personnes. Des gens gentils, serviables, qui sont prêts à venir en aide et qui ne demandent rien en retour. Cette année a été particulièrement difficile pour moi et j’ai été agréablement surprise de voir le nombre de gens bienveillants qui m’entourent. Que ce soit des amis de longue date ou des inconnus, je me suis retrouvée dans des situations où l’indulgence des gens m’a laissée coite. Ce sont des choses que je n’avais pas expérimentées depuis des années…

Ce sont les proches qui manquent terriblement…
Je le rabâche incessamment sur le blog, l’éloignement est un calvaire surtout dans les moments importants, qu’ils soient heureux ou malheureux. Oui il y a les réseaux sociaux mais une vidéo ne remplacera jamais un bon gros câlin. J’ai la chance d’avoir des proches qui peuvent se permettre de venir me voir (pour l’instant) mais tout le monde n’a pas des moyens et une santé qui permettent de se déplacer à sa guise. Même si le quotidien finit par prendre le dessus et qu’on est installé dans une routine bien rodée, la solitude est parfois bien réelle.

Ce sont des (vilaines) habitudes qui s’installent…
Ces choses qui nous faisaient sourire et qui nous émerveillaient au début deviennent complètement banales ! Cet été alors que j’étais en France, j’attendais comme une idiote au supermarché que l’on me range mes courses en bonne vieille enfant gâtée que je suis devenue. Il m’est aussi arrivé pendant ce séjour, de sortir la bouche en cœur le dimanche en fin d’après midi pour faire mes courses et de râler Togauloise un jour parce que je me suis retrouvée face à une enseigne fermée…

C’est apprendre à profiter de l’instant…
Je suis une control-freak ; j’ai besoin de tout planifier, de savoir où je vais. Je n’aime pas spécialement les surprises. S’il y a une chose que j’ai intégrée ces dernières années, c’est que rien n’est acquis mais aussi que rien n’est jamais perdu. La situation peut basculer à tout moment ; alors j’apprends à me détendre à laisser passer la vie, à profiter des choses simples et à être positive car comme dit l’adage il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions.

C’est devenir expert en automédication…
Je n’ai toujours pas de médecin de famille à Montréal. Alors j’apprends à ne plus paniquer pour le moindre bobo. Je fais ce que je peux avec les moyens du bord. Ça fait partie des choses qui m’angoissent un peu. Le bricolage c’est bien pour les petits bobos mais on fait comment pour les choses sérieuses?
Je ne veux même pas parler du prix  pour se faire soigner par certains spécialistes ou des cliniques sans rendez-vous où il faut aller faire la queue tôt le matin pour avoir un rendez-vous…

C’est  être parfois désemparé…
Il y a encore des choses avec lesquelles j’ai beaucoup de mal ; je pense notamment au système scolaire qui est tellement différent de ce que j’ai connu ! Du coup c’est parfois difficile d’aider Mam’zelle G ou d’être sur la même longueur d’ondes que ses enseignants. J’ai toujours autant de mal avec la politique qui consiste à ignorer la discipline « se concentrer sur le positif ».

Il y a aussi cette culture du consensus qui est vraiment difficile pour moi. Après toutes ces années ici j’arrive à lire plus ou moins entre les lignes mais ça reste vraiment déstabilisant de devoir tout le temps marcher sur des œufs et d’essayer de deviner le message que son interlocuteur essaie de faire passer .

C’est trouver son équilibre…
La vie n’est pas toujours rose mais au bout de quatre ans, je pense pouvoir dire que j’ai trouvé un équilibre et que je suis heureuse. La vie n’est pas rose tous les jours, le destin me met de bonnes grosses claques dans les dents et je dois en plus me farcir des pommeaux de douches non amovibles mais dans l’ensemble je ne suis pas à plaindre. Ces quatre dernières années ont été pleines de rebondissements et ce n’est pas toujours facile mais je suis épanouie.

Je pense qu’il est vraiment important d’être ouvert d’esprit et de laisser ses a priori et ses idées reçues derrière soi afin de vivre pleinement cette aventure extraordinaire qu’est l’immigration…

Source de l’image ici

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Catégories :Les Gaous au Canada

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16 réponses

  1.  »et je dois en plus me farcir des pommeaux de douches non amovibles » YES et YES !!! hahahaha
    par contre, tu parles sur quoi lorsque tu dis qu’il faut faire semblant ?

    • Ah le pommeau! Je vois qu’on est nombreuses à avoir du mal avec
      Il va falloir que je reformule on texte. Quand je parle de « faire semblant » je fais reference à l’experience que j’ai eu ici en terme de communication. Il faut toujours faire attention et ne pas être trop direct.Les gens que je croise en milieu pro vont avoir tendance à eviter la confrontation. Tu vois un peu mieux ce que j’essaie de dire?!?

  2. Moi aussi j’accroche sur ce paragraphe:

    « Il y a aussi cette culture du consensus qui est vraiment difficile pour moi. Devoir faire semblant à longueur de journée ça m’épuise. Après toutes ces années ici j’arrive à lire plus ou moins entre les lignes mais ça reste vraiment déstabilisant de devoir tout le temps marcher sur des œufs. »

    Tiens, je ne savais pas qu’il y avait une culture du consensus ici !

    Moi je dirais plutôt que les québécois aiment connaître les opinions des autres (et les raisons de ces opinions) et ils vont spontanément te donner les leurs car ici, c’est de cette façon que les gens apprennent à se connaître et qu’ils échangent des opinions.

    En france par contre, les français sont habitués à faire avec un certain nombre non négligeable d’individus dont les opinions sont inflexibles et qu’ils veulent imposer car pour eux une conversation est un affrontement qu’il faut gagner. Au québec, une conversation est un échange qui permet d’apprendre.

    Alors quand ils donnent des contre-arguments à tes opinions, ce n’est aucunement pour te faire changer d’opinion dans le but « d’établir un consensus ».

    Et jouer la comédie en disant ce que tu penses que les québécois veulent entendre est une autre erreur.

    Erreur d’abord parce que tu te trompes sur ce que les québécois veulent entendre (ils veulent la vérité).
    Erreur aussi parce que les québécois savent très bien quand un français leur ment et ils vont alors le mettre à l’écart.

    Si je te dis ces choses, ce n’est aucunement pour te faire la leçon.
    C’est seulement pour t’aider car je vois que tu as des difficultés.

    • Encore une fois, ce blog relate mon experience qui m’est propre et donc unique. Quand je parle de consensus je fais reference au fait qu’ici la communication est beaucoup moins directe que ce que j’ai pu connaître. Et quand je dis faire semblant, il ne s’agit pas de mentir.
      Merci pour ton commentaire.

  3. Disons que pour toi, ces quatre années ont vraiment été un concentré d’émotions et de changements! Tnat mieux si tu as trouvé ton équilibre. Effectivement, une immigration remet tout en question, à commencer par les plus petits habitudes (conneries de pommeaux de douche!)

  4. « c’est que rien n’est acquis mais aussi que rien n’est jamais perdu. La situation peut basculer à tout moment ; alors j’apprends à me détendre à laisser passer la vie, à profiter des choses simples et à être positive car comme dit l’adage il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions »

    J’aime trop cette partie et je me l’approprie. Je te souhaite encore plusieurs années au Canada!

  5. Joyeux anniversaire! Nous ca fait 8 ans ici! J’en revient toujours pas!

  6. Happy Anniversary, Madame Garou! Je suis contente de voir que malgré les difficultés tu as toujours un moral d’enfer et le même humour que dans dans les premiers jours de ton blog.
    Je me reconnais dans certains points de ton bilan. Même si mon départ de France remonte à tant d’années maintenant que j’aurais bientôt passé autant d’années dans un pays que dans l’autre 🙂
    Bonnes fêtes de fin d’année à toi et à mademoiselle Garou!

  7. Oh mais j’aime cette expression « Canadanniversaire » 🙂
    Je te rejoins complémentent sur ces moments de solitude en attendant qu’on m’emballe mes courses au supermarché en France… Très gênée par la ensuite !
    Pour le pommeau, est-ce qu’il y a moyen de le changer ?
    Bonne cinquième année !!

    • « Canadanniversaire » LOL tu as le droit de l’aimer cette expression 🙂
      Le pommeau chez moi oui je peux changer et c’est fait. En revanche dans les hotels , les auberges et chez les gens c’est un peu compliqué MDR!

      Je te souhaite une tres belle année 2018 🙂

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