3 ans au Canada ! #Bilan

squirrelfamilycropJe n’ai pas mis les pieds sur le blog depuis un petit moment. Les derniers mois ont été un peu compliqués et je n’avais pas nécessairement l’envie et / ou le temps d’écrire un billet. C’est assez ironique quand on sait que mon dernier billet faisait référence à mon manque d’assiduité. Je suis sortie de ma grotte pour vous parler (encore) de ces 3 années passées au Canada. Je n’aime pas le mot bilan ; je le trouve négatif ; un peu comme s’il sonnait le glas de quelque chose. Il faut pourtant faire le point et après 3 ans (Dieu que le temps passe vite) c’est le bon moment. Je suis arrivée avec ma famille et quelques valises sous le bras. Je me souviens encore de cette journée. Le départ, le désarroi de ma belle-mère qui avait promis de ne pas pleurer et qui a lamentablement échoué, l’arrivée à Toronto, les formalités, l’appartement miteux trouvé en ligne. Quand je regarde le chemin parcouru depuis, j’ai le vertige…

Alors, ces trois années au Canada, bien ou bien?

Vie professionnelle…

Le travail reste un si ce n’est LE point important d’une immigration « réussie » selon moi. Je mets ce mot entre guillemets parce que nous avons chacun notre conception du succès. Je n’ai pas eu de difficulté particulière à trouver un emploi dans mon domaine aussi bien à Toronto qu’à Montréal. A Toronto j’ai trouvé en 4 jours (oui, oui 4 jours) dans mon domaine et a un bon salaire. A Montréal, même histoire j’ai trouvé un travail encore plus intéressant et encore mieux payé money money money, always sunny, in the rich man’s world

Eldorado ? Non, j’avais un bon niveau d’anglais ze gaou is bilingualeuh , j’avais fait une année d’études dans une université canadienne (anglophone) avant d’arriver, je travaille dans un domaine assez particulier et j’ai eu beaucoup de chance. Même après 3 ans d’immigration, je reste convaincue que le facteur chance joue énormément dans la tournure que prend l’aventure. Il peut la transformer en rêve #team lunettes roses bonbon ou en cauchemar #team maudit Français en un clin d’œil.

Pour mon époux, le parcours professionnel a été complètement différent. Il a eu un emploi assez facilement dans son domaine à Toronto mais à un niveau bien inférieur à ce qu’il avait en France. Une fois à Montréal, on pensait que ça irait mieux mais il a mis 9 mois expérience canadienne, vous avez dit expérience canadienne? à trouver un poste payé au lance pierre avec des horaires tous pourris qui n’était toujours pas à la hauteur de ses attentes. La roue a fini par tourner très récemment ; il a enfin trouvé un poste intéressant, bien payé et stimulant dans son domaine. Ironie du sort, il n’a même pas eu à postuler pour cet emploi car les recruteurs sont venus le chercher… après avoir été séduits par son profil LinkedIn.

Vie Sociale…

A Toronto c’était le désert ; Il n’y a vraiment pas grand-chose à dire, j’en ai parlé en long en large et en travers sur le blog. Je ne cherchais pas spécialement à me faire des amis mais il faut avouer que le peu de contact que j’ai eu ne m’a vraiment pas encouragée à essayer de tisser des liens. C’est une des raisons qui nous a poussés à partir alors qu’on adorait cette ville. Là encore, le destin, avec la pointe d’ironie qui le caractérise a voulu que ma meilleure amie vienne s’installer à Toronto quelques mois après mon départ life is bitch .

A Montréal, ça a été beaucoup plus simple car j’avais déjà des amis sur place. Cela a grandement facilité notre intégration dans cette ville. Nous nous sommes aussi fait quelques nouveaux copains (tous immigrants) via nos emplois respectifs. Contrairement à ce que je lis sur pas mal de forum, le fait d’avoir un enfant n’a pas aidé notre intégration. Mam’zelle G est bien intégrée, s’est fait des copains et est souvent invitée chez eux mais l’interaction avec les parents reste extrêmement limitée.

Dans tous les pays où j’ai eu la chance de vivre, j’ai eu beaucoup de mal à tisser des liens avec les locaux. C’est un processus qui prend énormément de temps et qui demande beaucoup de patience. Le Canada n’échappe pas à cette règle et ce n’est vraiment pas plus grave que ça en ce qui me concerne.

Toronto ou Montréal ?

Sans hésitation aucune Toronto ! Malgré les galères, je trouve qu’elle nous correspond beaucoup plus que Montréal. Encore une fois, c’est un choix personnel donc subjectif. Je l’ai déjà dit sur le blog, la maudite Française que je suis n’aime pas spécialement Montréal (la ville) et ses nids de poules. De plus, l’accès aux soins qui y est très difficile reste pour moi un enormissime point noir.

Pour conclure…

L’immigration n’est pas chose aisée oui j’enfonce des portes ouvertes ; on a beau se croire préparé, la route reste pavée d’embûches. Il faut un mental d’acier et une patience extraordinaire pour ne pas craquer et tout lâcher au moindre problème. On a souvent l’impression d’être sur des montagnes russes émotionnelles ; il y a les jours avec et les jours sans ; les difficultés peuvent sembler insurmontables mais les petits bonheurs nous donnent une énergie incroyable. Après 3 ans, l’excitation du début fait place à une certaine routine. Ces choses qui nous émerveillaient au début oh my un écureuil! font maintenant partie du quotidien. L’immigration m’a fait grandir je mets des talons plus hauts ; je me suis (re) découverte ; cette aventure m’aura beaucoup appris sur moi-même et sur les miens. L’expatriation est très éprouvante émotionnellement, j’ai enterré 3 proches rien que cette année, il y a eu les doutes, le chômage, le découragement, la solitude mais aussi les découvertes, le dépassement de soi, les fous rire et SURTOUT …le cream cheese bagel. Je suis convaincue qu’avec le temps, les blessures auront un goût de victoire Jean Jacques dans le texte. Le bilan est positif malgré le froid tout ; je n’ai pas à me plaindre car j’ai une vie agréable. Je ne pense pas finir ma vie ici  mais je n’ai pas non plus cédulé planifié de date de retour. Je profite tout simplement de l’instant présent ; j’avance doucement sur la route de l’immigration en espérant qu’elle me réserve encore quelques belles surprises…

 

 

 

Source de l’image ici

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Catégories :Les Gaous au Canada

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26 réponses

  1. Je commenterai demain, mais je voulais te faire un petit coucou.

  2. Je suis expatriée en Arabie, un autre monde mais je me retrouve totalement avec ta façon de voir l expatriation. Bonne nuit je crois… 😊

  3. J’aime bien ta façon de voir les choses… (et je suis contente de te lire à nouveau ^^)

  4. Ça fait plaisir de te retrouver en pleine forme! Je me rends compte que l’erreur a ne pas faire, c’est de ne plus se sentir expatrié ou immigré, c’est de perdre cette distance émotionnelle avec s’il pays d’accueil. Bref, je trouve ton approche tres bien.

    • Je partage le point de vue de Pomdepin. Après plus de 20 ans aux USA je suis encore consciente de mon statut. Pas de façon négative, plutôt quelque chose de particulier qui me définit et me donne du recul. Parfois j’aimerais le confort que m’apportait la France. Être entre deux chaises est un peu fatiguant, mais j’aime pouvoir observer mon pays adoptif et ses habitants. Un peu de moi s’y trouve mais pas tout.
      Comme j’aime Montréal mais ne connaît pas Toronto j’ai envie d’y aller en lisant ce billet.
      Quelque soit la décision des Gaous, bonne chance à tous.

      • Merci Evelyne. Je pense que je serais toujours comme toi le cul entre 2 chaises. Je ne suis plus totalement Togolaise, je sus pas vraiment Senegalaise et je ne serais jamais juste Francaise. Toutes ces cultures sont enrichissantes et je les adore mais c’est parfois difficile de se retrouver ainsi tiraillé entre plusieurs pays / cultures etc…
        J’espere que tu vas bien 🙂

      • Tu es togoloise!:)
        Je vais bien merci!

    • Merci Pomdepin. Je pense finalement que chacun a une approche differente. J’imagine aussi que la tournure que prend l’aventure doit jouer pour beaucoup. Si tu vis dans un pays que tu n’aimes pas et dans des conditions difficiles, c’est compliqué de prendre cette distance émotionnelle j’imagine.
      J’espere que tu passes de happy holidays 🙂

  5. Oooh la Couze ! Mais ton écriture là !! Hum !! Superbe ! Oh top la narration ! 😉

  6. Eh bien, je te souhaite de belles surprises à venir! 🙂

  7. Félicitations pour le travail de ton conjoint ! Je suis tout à fait d’accord, un emploi correct pour chacun, ça fait tout dans une immigration.

  8. un bilan plutôt positif. 🙂
    je me pose la questions du pourquoi « des copains immigrants » . c’est une vraie question. J’ai observé ça pas mal sur l’ile aussi… les métropolitains d’un côté, les iliens de l’autre… pas aussi séparés… mais pas aussi reliés… je ne comprenais pas…

    • Je pense (attention sociologie de comptoir) qu’on se rapproche entre immigrants parce qu’on vit les meme choses / galeres. C’est plus facile de partager et de se soutenir. En France par exemple je ne pouvais pas toujours echanger avec les locaux sur mes galeres de papiers parce que dans l’inconscient collectif on rentre en France comme dans un moulin. Alors qu’un immigrant qui a eu les meme soucis aura plus d’empathie et pourra partager ma « peine »
      Mon explication est un peu decousue mais j’espere que tu vois ou je veux en venir.
      Bonne Annee La Carne 🙂

      PS: Mon clavier n’a pas d’accents je m »en excuse.

  9. L’immigration est tres difficile peu importe le pays  »adopté » mais la clé du succès selon moi est d’arreter de comparer et d’oublier d’ou l’on vient, nos habitudes etc… Depuis que j’ai adopté cette regle, je suis plus epanouie et j’avance plus vite aussi !
    Bravo à toi et ta petite famille pour avoir passé le cap des trois ans, ce n’est pas rien !!! 🙂

  10. Bonjour, franchement j’aurai du tomber sur ce blog avant mon départ c’est le seul blog qui dit la vérité sur le Canada. Malheureusement, expérience négative pour mon expatriation a Toronto.Cela fait 10 mois déjà que je cherche un emploi dans mon domaine et je ne trouve pas malgres les entretiens que j’ai passe, paiement d’un coach pour faire mon CV et m’entraîner au entretien etc. Le faux motif c est je n’ai pas de réseau mais logique je suis nouvelle.Personnellement ce qui me choque avec les canadiens c’est que ce ne sont pas des vrais canadiens car les vrais canadiens sont les indiens du Canadien. Mais oublie qu’ils ont détruit tout un peuple pour s’approprier leurs terres bizarrement ils oublient tous cette partie de l’histoire. Un petit rappel leur fera pas de mal.
    Le peu de d’indien que j’ai pu voir a Toronto vivent dans la misere et la plupart sont drogues et alcoolique.. SDF. etc.
    Je voulais tenter a Montreal mais vu les articles que j’ai lu je prefere rentrer.
    J’espère trouver un autre pays plus accueillant et plus honnête et moins  » fake ».

    • Je suis vraiment désolée que votre expérience du Canada soit aussi négative. J’espère que vous avez fini par trouver quelque chose de convenable. Bonne continuation.

  11. Ça fait du bien de lire l’expérience d’expats surtout pour une petite famille de français qui va bientôt s’installer sur montreal avec beaucoup d’imprehension. En tout cas un truc est sure c’est que la france n’est plus un pays nostalgique ! C’est devenue l’enfer ! C’est devenue invivable, et c’est de pire en pire …

    A bientot ami (e)s expats !

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