Un Gaou en Acadie: Kassim

MICROAujourd’hui je vous propose de découvrir le témoignage de Kassim qui vit en Acadie au Nouveau Brunswick. J’ai rencontré Kass il y a des lustres. Nous n’étions que des enfants. C’est le premier ami que je me suis fait en arrivant au Sénégal. Nous étions dans la même classe. Je me rappelle que nous faisions un exercice et j’avais besoin d’une gomme. Je n’ai jamais de gomme, je trouve que ça casse l’harmonie de la trousse qui est parfaite uniquement avec les stylos, tout en longueur pas besoin d’une gomme difforme pour tout gâcher en plus elle devient vite dégueulasse. Non je ne suis pas maniaque. Toujours est-il que Kassim m’a spontanément tendu la sienne. Je lui ai rétorqué sur un ton sec et dedaigneux qu’il pouvait se la garder parce-que que je ne lui avais rien demandé. Oui le Gaou a toujours été un concentré d’amabilité à l’état pur. Il a posé la gomme devant moi et a dit en souriant gentiment : « je ne me souviens pas avoir dit que tu me l’avais demandé ». C’était la première fois que quelqu’un réussissait à me clouer le bec faire taire. Cet épisode fut le début d’une très belle amitié. J’ai souvent été odieuse avec lui mais il a toujours été là. Il est comme ça Kass, il a le cœur sur la main. On a tous un ami qu’on ne mérite pas, qui est trop bien pour être vrai, le mien c’est Kassim.

Voici sans plus attendre son temoignage.

1/ Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Je me présente Kassim et je suis originaire de la Côte d’Ivoire. Je suis également Acadien d’adoption et nous célébrons à chaque année la fête du 15 août, la fête nationale des Acadiens et des Acadiennes. Je suis marié et père de 2 enfants.

2/ Depuis combien de temps vis tu au Canada et sous quel statut ?

Cela fait maintenant 14 ans que je vis au Canada plus précisément dans la province du Nouveau-Brunswick. Je suis citoyen Canadien depuis maintenant 7 ans.

3/ Où habitais-tu avant d’arriver au Canada?

J’ai vécu une grande partie de ma vie au Sénégal et avant de venir au Canada, j’étais en Côte d’Ivoire. Puisque ma famille a fait un retour définitif dans mon pays d’origine. La période que j’ai passée en Côte d’Ivoire a été relativement courte car c’est à ce moment-là que j’ai enclenché mon processus pour venir étudier au Canada.

4/ Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à tenter l’aventure?

Je voulais aller voir ce qu’il y avait ailleurs et vivre une autre expérience. Étant enfant, nous étions constamment submergés par les films européens et américains et j’avais le goût d’aller vivre, moi aussi, cette expérience que les jeunes vivaient. Je voulais découvrir de nouvelles choses et également vivre un nouvel apprentissage (universitaire, le fait de vivre seul, de travailler pendant les études, etc.)

5/ Comment se sont déroulées ton installation et ta recherche d’emploi?

Il faut dire que le Canada est un vaste pays. À la différence des autres qui choisissent les grandes villes comme Montréal, Ottawa et autres, mon choix s’est porté sur la ville de Moncton au Nouveau-Brunswick. C’était une ville urbaine et également dite bilingue car le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au Canada. Pour ce qui est de mon installation, elle s’est bien déroulée. Je suis arrivé comme étudiant il y avait donc des services qui étaient offerts par l’Université pour nous guider dans notre établissement. Après avoir terminé mes études, je n’ai pas non plus eu de difficulté à me trouver un emploi car tout au long de mes études, j’ai occupé différents emplois étudiants ce qui m’a permis d’étoffer un peu mon cv et de tisser des contacts avec les personnes de la communauté.

6/ Quelle est la différence culturelle qui t’a le plus marqué?

La différence culturelle qui m’a le plus marqué est la langue. Bien que l’on m’ait dit qu’à Moncton, les langues parlées étaient le français et l’anglais, je me suis vite aperçu que nous ne parlions pas le même français. À Moncton, les gens parlent le chiac qui est un mélange d’anglais et de français; il m’était difficile de comprendre certaines conversations.

7/ Quel aspect de la vie ici te plaît vraiment?

J’ai quitté la vie « urbaine »( Moncton est bien différente d’une ville des grands centres comme Toronto ) pour une vie en région rurale. Ce qui me plait c’est la proximité avec les personnes, respirer l’air de la mer, les paysages, les couchers de soleil, la tranquillité d’esprit, la nature, pouvoir élever mes enfants en toute quiétude, les petites choses de la vie auxquelles on a tendance à ne pas donner d’importance. Je pense qu’en région rurale, tu as cette possibilité de t’arrêter et apprécier ce qui t’entoure.

8/ Peux-tu citer une chose qui ne te plaît pas du tout ici?

Chaque place à son lot d’avantages et de défis. Ce qui me plait un peu moins c’est le fait que certaines personnes/communautés ne sont pas toujours conscientes des diversités culturelles et il y a encore de l’éducation à faire. Et aussi, avoir 40 cm de neige dans la cour ce n’est pas toujours le fun.

9/ Quels conseils donnerais-tu aux aspirants immigrants?

Le conseil que je peux donner aux aspirants immigrants c’est que  tout d’abord le Canada est très vaste. Il faut bien se connaître et bien peaufiner son plan d’immigration. Que vous veniez en tant qu’étudiant ou non, le parcours que vous allez emprunter ne sera pas le même. Ce n’est pas l’eldorado. Il faut être bien renseigné et savoir à quoi s’attendre. Le plus important est d’accepter de vivre avec le résultat final. Il faut bien démystifier l’urbain du rural car si vous êtes une personne qui veut vivre dans les grands centres, cela ne sert à rien de déménager au Labrador par exemple. Une fois sur place, il faut se fondre dans la masse.

Comment? Il faut s’impliquer dans les domaines pour lesquels vous avez de l’intérêt. Cela vous permet de connaître les autres et vice-versa. Cela vous donne également une tribune pour pouvoir échanger et mieux vous faire connaître. Immigrer ne veut pas dire s’assimiler c’est plutôt un échange entre peuples afin de créer des projets qui nous rassemblent. Mais encore faut-il que cet échange soit possible; d’où l’importance de s’impliquer pour amener une ouverture et une prise de conscience des personnes à la diversité culturelle.

10/ Pourrais-tu donner le mot de la fin en une citation / proverbe?

Aller à l’aventure n’est pas de tout de repos. L’aventure peut parfois ressembler à une tempête de neige ou de pluie. Elle peut être venteuse ou ensoleillée mais l’essentiel est de vous y plaire et de sentir que vous contribuez à bâtir un monde meilleur pour les générations à venir. Peace out Gaous d’Acadie!

 

Un grand merci à Kassim et rendez-vous ici pour en savoir plus sur l’Acadie

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Catégories :Temoignages de Gaous

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1 réponse

  1. J’adore ton prénom Kassim ! Et puis ta façon de clouer le bec à Gaou, tout en justesse, tout en finesse 😉

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