Un Gaou en Martinique #1: première journée à Fort de France

10417792_692796854088876_5314573726865038530_nJe vous propose de faire un petit tour en Martinique avec ma petite sœur Rigolus.  Ma sœur et moi c’est toute une histoire d’amour. Je n’ai qu’une sœur et malgré la différence d’âge (9 ans) nous sommes très  proches. Elle est actuellement en Martinique où elle fait son stage.  Elle nous a envoyé une série de récits que j’ai trouvée sympa et que j’ai voulu partager avec vous. Ma sœur est douée pour les sciences. Elle n’aime pas lire (non Rigolus, 50 nuances de boring Grey ce n’est pas ce que j’appelle de la lecture) et encore moins écrire. Je me souviens qu’on avait fêté sa première bonne note en dictée (10/20) en grande pompe. Mon père était tellement content qu’il était sorti plus tôt du bureau pour aller chercher du champagne! C’est dire à quel point les lettres/langues ce n’est pas son truc. À sa décharge, le français n’est pas notre langue maternelle.
Lorsque j’ai lu ses textes sur la Martinique, j’ai trouvé extraordinaire qu’elle sorte de sa zone de confort (les sciences) pour écrire.  Je lui ai  proposé de les publier sur le blog la menaçant au passage de me plaindre à notre père si elle disait non et à  ma grande surprise,  elle a dit oui. Voici donc le premier récit de la AMAZING série un Gaou en Martinique! Enjoy !

Je m’appelle Rigolus, ce n’est pas mon vrai nom vous vous en doutez. Je suis la sœur teint noir clair de Gaou.  Je suis étudiante en médecine et j’ai décidé de faire mon dernier stage d’été en Martinique. J’y suis arrivée il y a quelques semaines.  Pourquoi la Martinique? Parce que j’ai eu envie de d’être loin de la grisaille de métropole, au soleil, dans un endroit où on parle français (j’ai quelques soucis avec les langues). Je voulais aussi découvrir la vie insulaire.

J’appréhendais ce séjour parce que  lors de mon dernier voyage dans les DOM-TOM (j’étais en Guadeloupe), j’ai été victime d’un racisme auquel je n’étais pas préparée. Je suis arrivée naïvement, heureuse de découvrir cette île magnifique et j’ai été très choquée par l’attitude des gens à mon égard. Certains m’ont ouvertement dit qu’ils n’aimaient pas les Africains (car nous étions des sauvages, que notre culture (pour peu qu’on en ait une) était un non-sens. Le but était de me montrer qu’il était hors de question de faire le moindre parallèle entre les Antilles et l’Afrique. Bien évidemment, la culture créole était bien supérieure à la mienne. Les gens que je rencontrais s’étonnaient que je ne parle pas créole. Une Togolaise, venue en vacances en Guadeloupe, qui ne parle pas créole? C’est vraiment étrange !Enfin bref, je redoutais un peu ce voyage en Martinique.

Après un vol interminable (j’ai eu le temps d’écouter de la musique,  de faire 2 siestes,  et de regarder 3 films) je suis enfin arrivée à Fort de France. La sœur de la femme de mon oncle (bref une tata) est venue me récupérer pour m’emmener à l’appartement réservé depuis Bordeaux. Je peux enfin entamer ma première journée en Martinique.

Minuit : Découverte de mon nouveau chez moi. Je suis rassurée car (le lit est fait, je vais pouvoir dormir de suite). En revanche le colocataire est moins sympa. Passer tout le séjour avec un cafard géant et sa famille ça va être problématique.

3h30: Réveil avec le chant du coq et les cigales. Je rêve de me rendormir

5h00: Je n’arrive toujours pas à fermer l’œil. Je décide d’aller faire pipi. Sur le chemin, les yeux à moitié fermés, j’évite de justesse la collision entre mes pieds nus et un mille-pattes. Je n’irai pas faire pipi. C’est beaucoup trop dangereux.

5h15: La bête passe à l’attaque. Elle se dirige vers le lit sur lequel je me suis réfugiée. Je ne peux plus fermer les yeux, il faut contre-attaquer. Je saisis mes sandales et assassine l’ennemi froidement. MAINTENANT je peux faire pipi! Je reste alerte car mon colocataire le cafard père (qui est peut-être en réalité cafard fils – 5cm ça reste petit pour un cafard ici) et sa famille ne sont probablement pas loin.

6h00: Je me résous à l’idée que je ne dormirai plus et je commence à me préparer à aller en stage

8h30: Je suis prête. Ma tata vient me chercher pour m’accompagner en voiture à l’hôpital où va se dérouler mon stage.

9h00: Début du stage, présentation du service. Stage très intéressant en perspective. Collègues sympathiques.

13h00: Grand moment de solitude quand je réalise que je ne connais pas le chemin pour rentrer à pied.

14h 30: Je trouve un moyen. Arrivée à la maison, je mange le seul plat en conserve que j’ai ramené. Je décide d’aller faire les courses.

15h00: Deuxième grand moment de solitude : il est impossible d’aller faire les courses sans voiture. L’appartement est vide ; en dehors des draps, d’une bouteille d’eau et d’un rouleau de papier toilette il n’y a pas grand-chose. Même avec toute l’imagination de la terre je ne vois pas comment faire un repas équilibré avec si peu de choses. Je vais dormir pour méditer sur la question.

16h15:  Je n’ai pas d’autre choix que de solliciter le fils du proprio pour m’emmener au supermarché.

17h00: Troisième moment de solitude, les produits sont 20 à 100% plus chers qu’en métropole. Ça donne un pain brioché à 5,62 euros. J’ai peur, très peur, de plus en plus peur rayon après rayon. Je frôle la crise cardiaque une fois arrivée à la caisse. Haie Bon Dié! Ça ira mieux après ma micro barre chocolatée payée 50 centimes…

Bienvenue en Martinique !

 

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Source de l’image ici 

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Catégories :Les Gaous around ze world, Temoignages de Gaous

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12 réponses

  1. T’as raison, finalement elle est plutôt douée en français rigolus ! Hâte de lire la suite….

  2. Je ne connais pas la Martinique, mais j’ai ri au « aller faire pipi ». Je confirme, sous les Tropiques, on risque souvent sa vie en allant au p’tit coin. Je suis tombée sur des araignées, des cafards géants et autres bêtes. Moyen. Ça coupe l’envie!

    C’est rigolo, vous avez un peu le même regard sur la vie (dans la façon d’écrire).

    • 🙂 je crois que l’éducation que nous avons eu en commun laisse des traces ce qui explique les similitudes qu’il peu y avoir dans nos écrits 🙂 Merci d’être passée 🙂

  3. Bonjour,

    Je suis effarée, déçue, mortifiée, furieuse, désolée, et Dieu sait quel autre adjectif encore… (et il n’y en a peut-être pas assez dans le dictionnaire de la langue française) pour exprimer la HONTE et la PEINE que je ressens à la lecture des lignes sur le racisme des Guadeloupéens à l’encontre des Africains. Je ne suis pas de la Guadeloupe (bien qu’antillaise) et je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Mais quand même… C’est quoi ce BORDEL, les gars ??? Les personnes auxquelles Rigolus a eu affaire ont-elles oublié leurs racines ? Les antillais ont du sang africain et européen ! Et plus des fois, suivant comment…
    Et puis après, c’est quoi cette histoire de parler créole ???!!! Les Togolais ça ne parlent pas créole !!! Sauf s’ils ont envie d’apprendre bien sûr… Ou bien s’ils ont baigné dans la langue depuis l’enfance grâce à des amis ou des voisins…

    Par contre, fierté antillaise oblige : je tiens à répondre au commentaire de Juliette Giannesini (@Xiaozhuli). Il n’y a pas que sous les tropiques que l’on risque sa vie en allant aux toilettes – ou dans n’importe quelle autre pièce de chez soi d’ailleurs… – Je vis en Suisse et j’ai le même problème, en été comme en hiver. Dois-je préciser que j’habite au 3ème étage ? Vous avez le malheur de laisser une fenêtre ouvert et hop ! Ils s’incrustent.

    Désolé pour ce gros coup de gueule en ce beau dimanche après-midi mais je suis trop énervée pour mieux écrire et vérifier les fautes d’orthographe : MEA CULPA !

    Bonne fin de week-end.

    • Ne sois pas désolée pour le coup de gueule 🙂 Pour te rassurer saches que nous somme bien conscientes ma sœur et moi que tous les antillais ne sont pas racistes 🙂 Nous avons des oncles qui sont mariés depuis plus de 20 ans l’un avec une Martiniquaise et l’autre avec une Guadeloupéenne. Nous avons évolué dans un milieu multiculturel ce qui nous conforte dans l’idée que les réactions racistes auxquelles nous faisons parfois face sont l’œuvre d’une minorité.

      Pour les bêbêtes (au Canada ils disent bibittes je crois) je plussoie ton commentaire. Je suis en Amérique du Nord et j’en ai croisé quelques unes.. brrr
      Merci d’être passée 🙂

  4. Elle n’est pas bonne en français votre petite soeur? Pas mal du tout et en plus elle a un peu de vous, non? Le sens de l’humour est commun entre vous deux. Bonne chance pour le stage, Rigolus.

  5. Courage ! ! Rigoulus 😉

  6. Coucou,

    Je suis ton blog depuis sa création … Félicitation car il est vraiment facile à lire, il dégage beaucoup de fraîcheur …Bref j’adore !!!

    Si ta sœur a besoin d’aide un jour, elle peut me contacter ça me fera plaisir …

    Thessia

    A bientôt

  7. La Martinique !!!

    J’y suis allé en juin 1998 faire une pause de 12 jours (tous frais payés par mon employeur) quand je travaillais au Mexique et je dois malheureusement avouer que ce ne fut pas une bonne expérience… même une très mauvaise expérience ! 😦

    Arrivé à l’aéroport en fin d’après midi, je loue une voiture et on m’avise de ne JAMAIS prendre des gens sur la route car c’est dangereux (merci du conseil) et on me demande de faire un dépôt de 3000 francs (Ail !) pour couvrir d’éventuels dommages à la voiture. Il paraît que c’est chose normale en territoire français.

    Je vais ensuite à mon hôtel situé à côté de Fort de France et dans ma chambre, il y a une marre d’eau au sol car le système de climatisation fuit. Je vais alors au centre ville (pendant la réparation de la fuite) pour acheter un convertisseur de voltage pour mon lap-top mais à mon retour je constate qu’un simple adapteur mécanique aurait fait l’affaire car mon lap-top peut prendre le 220 volts.

    A mon réveil le lendemain matin, le sol est encore plein d’eau alors j’en profite pour retourner au magasin pour échanger le convertisseur pour un simple adapteur beaucoup moins cher. Je me gare donc dans un stationnement tout juste à côté du centre ville et là, 3 noirs martiniquais me disent bonjour alors je m’approche d’eux pour jaser un peu (je ne ferai plus JAMAIS cette erreur).

    L’un d’eux m’a alors agrippé et a pointé un couteau sur mon ventre en me disant de lui donner mon porte monnaie; ce que j’ai fait. Il a alors pris tout mon argent mais Dieu merci, il m’a laissé tout le reste dont mes précieuse cartes bancaires et les clefs de l’auto qu’il m’a lancées après s’être éloigné.

    En route pour le magasin, je croise des policiers qui me font visiter les coins sombres de la ville en maltraitant des sans abris devant moi pour essayer de m’impressionner. Ils me conduisent finalement au poste pour déposer une plainte.

    J’arrive enfin au magasin pour faire l’échange mais là, le vendeur ne veut rien savoir et refuse catégoriquement de me rembourser. Alors là, j’ai ÉCLATÉ DE COLÈRE et j’ai commencé à crier très fort dans le magasin devant tous les clients qui se sont retournés… et le vendeur a alors accepté de me rembourser.

    De retour à l’hôtel, j’ai raconté mon histoire et on m’a alors offert une chambre dans leur autre hôtel de meilleure qualité situé à un endroit plus sécuritaire (Les trois ilets).

    L’endroit est effectivement beaucoup mieux MAIS PAS LA BOUFFE du déjeuner car tout est étalé à l’extérieur et les oiseaux marchent dans cette nourriture… et y laissent des crottes.

    Après quelques jours, j’en ai eu marre et j’ai parlé au gérant de l’hôtel (un français) qui a trouvé toutes les raison inimaginables pour ne rien faire. A la fin, il en avait marre de moi et il me l’a fait sentir en me disant:
    « C’est vous qui avez été attaqué à l’autre hôtel et à qui nous avons offert une chambre à prix réduit ? »

    Dans les jours suivants, j’ai visité l’ile de long en large (j’ai fait plus de 1000 km) et plein d’autres mésaventures me sont arrivées:

    1- Un jour que je marchais sur le trottoir près du port de Fort de France, j’ai rencontré un gros trous que je pouvais éviter soit en sautant par dessus, soit en le contournant en marchant sur le pavé de la route. J’ai alors décidé (je ne sais pas pourquoi) de sauter par dessus et en même temps que j’ai fait cela, un autobus est passé tout près de moi avec la porte du moteur ouverte sur le côté et qui faisait une sorte de guillotine horizontale à la hauteur de mes hanches. Si j’avais décidé de contourner le trous, cette porte m’aurait fauché par l’arrière et j’aurais certainement été handicapé pour le reste de ma vie.

    2- Un autre jour alors que je visitais l’île, je suis arrivé près d’une courbe et là, 3 secondes avant que je m’engage, une autre voiture est arrivée en sens inverse et elle allait tellement vite qu’elle a dû couper sa courbe en passant dans MA VOIE. Si j’avais eu 3 secondes d’avance, j’aurais fait un face à face.
    J’ai appris par la suite que c’est fréquent là bas et que les décès se comptent par centaines chaque année.

    3- Un autre jour, près de grand’rivière au nord de l’île, je traversais un village très lentement et un homme s’est alors jeté devant mon auto en répétant « 10 francs, donnez moi 10 francs ». Il était complètement ivre et voulait de l’argent pour acheter du rhum. Le rhum étant très bon marché là bas, l’alcoolisme y est donc très répandu.

    4- Quelques jours avant de partir, j’ai vu un martiniquais qui coupait son gazon avec une machette alors çà a piqué ma curiosité et je suis allé jaser avec lui. Quand je lui ai raconté l’histoire de mon attaque, il m’a dit DROIT DANS LES YEUX qu’il approuvait cette attaque car presque tout l’argent que les touristes dépensent en Martinique va aux entreprises touristiques et il ne reste rien pour le peuple.
    J’ai trouvé cela vraiment CHARMANT !

    Une autre chose que j’ai DÉTESTÉ de cette île, c’est le coût EXORBITANT des choses.
    Tout y était (en 1998) entre 3 et 4 fois plus cher qu’au Québec et là, je ne parle pas des magasins pour touristes mais bien des magasins pour les gens locaux.

    C’est vraiment un TRÈS GROS problème de se nourrir à prix raisonnable en Martinique !

    Alors, après 12 jours, j’étais TRÈS CONTENT de retourner au Mexique où les gens sont adorables, le pays magnifique et la nourriture délicieuse, abondante et peu dispendieuse !

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