Réseautage: l’autre nom du piston?

reseauLe réseautage, c’est le maître mot de la recherche d’emploi au Canada. Le réseau compte presqu’autant que les compétences pour décrocher un poste qualifié. On peut réussir sans mais avoir un excellent réseau permet de mettre toutes les chances de son côté.

Certaines entreprises ont même une politique de réseautage. Elles rémunèrent les employés qui recommandent un candidat. Si le postulant est retenu pour le poste et passe la période d’essai, la personne qui l’a proposé pour le poste touche sa récompense. Ce montant peut aller jusqu’à 1500$ en fonction du niveau de responsabilité. Si en revanche la recrue ne fait pas l’affaire et est licenciée avant la fin des 3 mois d’essai, non seulement la personne qui l’a recommandée ne touche pas un centime mais en plus elle ne pourra plus recommander qui que ce soit avant un moment.  En effet recommander une personne c’est prendre le risquer  de se discréditer auprès de son employeur et mettre en doute sa crédibilité.

Autrement dit, on se met d’une certaine manière en danger lorsqu’on propose une personne pour un poste. Personnellement je ne suis pas une grande fervente du réseautage. Je préfère compter sur mes compétences. Je trouve le principe injuste car la personne recrutée via un réseau part avec un avantage indéniable.

J’ai toujours comparé le réseautage au piston. Car pour moi il n’y a pas de différence entre les deux. C’est cette analyse qui est (je le reconnais bien volontiers), simpliste a interpellé un de mes amis installé depuis des années au Canada. Nous avons échangé sur le sujet, j’ai trouvé son approche tellement intéressante que j’ai décidé de la partager avec vous.

Selon lui il y a un monde entre le piston et le réseautage.

 

Le piston

Dans ce cas de figure il s’agit de parachuter une personne (même incompétente) à un poste parfois créé de toute pièce parce qu’elle à un arbre généalogique «hors du commun». En gros on prend un fils ou une fille de, on ne se soucie pas de ses compétences et on le place dans l’entreprise que ça plaise ou non aux personnes qui y travaillent. Le nouvel employé va (sans aucun scrupule), occuper un poste pour lequel il n’a même pas eu besoin de passer un entretien. L’emploi lui est servi sur plateau d’argent. C’est une pratique qui est de moins en moins facile à faire passer dans les entreprises car avoir des incompétents à des postes stratégiques ne sert en aucun cas les intérêts de la boîte. Sans parler du mépris et de la jalousie qu’elle peut engendrer auprès des collègues.  Cette pratique est surtout monnaie courante dans les entreprises familiales. En effet lorsqu’on a des actionnaires et une direction exigeants, on ne peut pas prendre le risque de placer des gens  à des postes stratégiques sans qu’ils ne s’y opposent. Surtout si la personne en question n’a pour unique qualité professionnelle que le fait d’être bien née.  Personne n’a envie de confier ses dossiers importants à une coquille vide et imposée de surcroit. Le piston en plus d’être condamnable  sur le plan éthique, est une pratique scandaleuse qui n’a absolument aucune valeur ajoutée pour l’entreprise. 

 

Le réseautage

Dans ce cas de figure, un candidat avec toutes les compétences requises pour le poste active  son réseau pour acquérir une visibilité dans l’entreprise qui l’intéresse. Développer son réseau est une compétence au même titre que celles requises dans son domaine. Ça prouve que le candidat est non seulement  un expert dans son domaine,  mais aussi un bon communiquant qui sait utiliser intelligemment son carnet d’adresses. Le réseau se construit et s’entretient. Il faut être structuré, méthodique et courtois. C’est un travail de longue haleine effectué dans le but de décrocher un entretien. Le réseautage permet d’acquérir une certaine visibilité, de s’assurer que son CV ne va pas finir au fond d’un tiroir, sur une pile de candidature qui prennent la poussière.

Il permet aussi d’accéder  à un marché d’emploi qui est caché. Mais contrairement au piston,  le réseau ne garantit pas un emploi si on n’a pas les compétences requises. De plus pour l’entreprise,  le fait de rencontrer puis d’embaucher une personne qui a été recommandée réduit considérablement le risque de se tromper.

Avec le recul, je comprends le point de vue de mon ami sur le piston et le réseau. 

Vu comme ça ce sont effectivement deux choses bien distinctes. Le piston est un passe-droit répugnant et honteux  qui mérite d’être conchié alors que le réseautage demande travail, rigueur et sérieux.

Même si je saisis la nuance, je reste convaincue que les compétences devraient primer sur tout le reste. Faire jouer son réseau pour faire monter son CV en haut de la pile n’a certes rien avoir avec le piston. Mais à mes yeux ce sont deux pratiques  injustes pour le commun des mortels qui n’a pas la chance d’être bien né ou d’avoir un carnet d’adresses bien fourni. Ceci étant dit, la recherche d’emploi reste une compétition où (presque) tous les coups sont permis. Et vous, vous en pensez quoi? Réseautage et piston même combat?

 

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Catégories :Les Gaous au Canada

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10 réponses

  1. J’aurais tendance à penser comme ton ami.

  2. Bonjour,

    Je suis d’accord avec ton ami. Les 2 pratiques sont différentes. Dans le cas du réseautage, tout le monde peut le faire : ce n’est pas destiné qu’à un petit groupe de professionnels. Du coup, tous les candidats sont égaux.

    Le réseau n’est pas la seule façon de faire « monter » son dossier de candidature en haut de la pile. On peut proposer un CV surprenant qui ne soit pas la traditionnelle feuille de papier A4 (grâce aux nouvelles technologies par exemple). Cependant, on n’a pas la garantie d’un premier entretien et encore moins d’être embauché. Celui qui épluche les dossiers fera toujours le choix en fonction des compétences et de l’expérience professionnelle.
    Le but du dossier de candidature est d’attirer l’attention du recruteur. Il faut voir le réseau comme les personnes de référence que l’on met dans son CV. Sauf que dans le cas du réseau, la personne de référence n’attend pas qu’on l’appelle : c’est elle qui appelle.

    L’important n’est pas d’avoir un nombre considérable de contacts mais juste d’entretenir la relation qu’on a avec ces personnes.

    Je ne sais pas si ma petite argumentation est assez explicite et convaincante. Mais merci pour ce sujet intéressant – tout comme le reste du blog d’ailleurs.

    Bonne fin de semaine.

    • Ton argumentation est claire. Et je comprends que le reseau est une facon comme une autre de se mettre en valeur finalement. Merci du passage et bonne fin de semaine aussi 🙂

  3. Je partage totalement le point de vue de ton ami. Et encore à la fin, quand tu conclues « ce sont deux pratiques profondément injustes pour le commun des mortels qui n’a pas la chance d’être bien né ou d’avoir un carnet d’adresses bien fourni » j’ai vraiment l’impression qu’il y a confusion : car dans le réseautage (à l’inverse du piston), le carnet d’adresse bien rempli n’est pas fourni à la naissance 😉 Il se construit !
    Personnellement, j’ai fais mes études et je travaille dans un domaine où personne de ma famille n’a jamais pu « m’aider ». Mais en bossant bien, j’ai pu me construire mon réseau moi même. Ça s’est fait au fil du temps, des rencontres, des projets, et des satisfactions que j’ai pu apporter aux différentes entreprises dans lesquelles j’ai travaillé ; c’est donc bien le fruit de mes efforts. Et cela continue car entretenir et développer son réseau est un travail permanent.
    Enfin, n’oublions pas que le fait d’avoir un réseau ne garantit pas d’obtenir un emploi, tout comme le fait de ne pas avoir de réseau n’est pas rédhibitoire (malheureusement au Canada peut-être, d’après ce que tu as déjà expliqué). Les compétences priment, même avec un réseau ; il n’y a que le piston qui va à l’encontre de ce principe, et là pour le coup je suis d’accord, c’est une pratique vraiment naze et finalement peu valorisante pour ceux qui en bénéficient.

    • Oh non il n’y a aucune confusion rassures toi 😉 La tournure de ma phrase n’est peut-etre pas assez claire. Le carnet d’adresse se construit du coup quelqu’un qui debute ou qui n’a pas du tout de network part avec un gros point faible si la boite ne recrute que via le reseau et ce malgre ses competences. Apres comme tu le precises bien on peut trouver du travail sans reseau. Merci du passage et bon weekend! 🙂

  4. Merci pour ces précisions. On est d’accord, réseau et piston sont bien deux choses distinctes. En tout cas, il est sûr qu’il faut soigner son réseau aujourd’hui…

  5. Je pense que le réseautage est humain. Ca marche dans toutes nos activités. On va dans les restaurants et boutiques recommandés par les amis. En tant qu’artistes, on est recommandés par des gens avec lesquels on a déjà travaillé. C’est comme ça. Cela ne veut pas dire qu’on est incompétent. Cela veut dire justement qu’on a passé beaucoup de temps à lier des contacts et relations auxquels on a démontré qu’on était compétent. C’est aussi du travail !

  6. Piston et réseautage sont bien 2 choses très différentes mais j’aimerais apporter une petite nuance sur le réseautage.

    Étant donné que plus de 80% (et même plus maintenant) des emplois ne sont pas affichés dans les journaux pour toutes sortes de raisons (trop exigeant en temps et en personnel, trop de candidats non qualifiés, etc), il faut donc les dénicher autrement et c’est par le réseautage qu’on y parvient.

    Le réseau est donc une liste de gens qui agissent comme informateurs tout comme on a des amis facebook qui nous informent de choses dans leur région et le journaliste qui a ses contacts dans toutes les sphères de la société.

    Ce sont donc ces « contacts » qui nous informent qu’il y a un poste correspondant à nos qualifications dans telle entreprise de telle ville et ensuite, c’est à nous d’y appliquer.

    Personnellement, j’utilisais presque uniquement les chasseurs de tête car dans mon domaine, changer d’emploi signifiait toujours changer de ville (et même de province) et le plus souvent, je ne connaissais personne en dehors de ma ville qui pouvait m’informer de l’existence de postes ouverts dans ces villes.

    Les chasseurs de têtes sont donc des incontournables pour tout chercheur d’emploi de niveau professionnel car les entreprises font souvent affaire avec eux en exclusivité et en plus, ils ont leur propre réseau pour dénicher les postes et ensuite proposer leurs services (et candidats) à ces entreprises.

  7. Je partage entièrement l’avis de ton ami sur le sujet. Ce sont bel et bien deux choses fondamentalement différentes. C’est très sain de réseauter et je pense d’ailleurs que c’est le meilleur moyen de trouver un emploi. Le piston, par contre, c’est de la magouille : on place une personne à un poste pour lequel elle n’est pas forcément qualifiée

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