Un Gaou à Toronto: Michel

apartment_bond_194(1).jpgJe vous propose le témoignage de Michel qui vit à Toronto depuis peu. J’ai connu Michel à l’université de Bordeaux il y a quelques années. Nous nous sommes rencontrés quelques semaines avant mon (premier) départ pour le Canada. Nous avions vraiment sympathisé ; je l’ai trouvé sexy il avait le don de me faire rire (Dieu sait que c’est un exploit) mais je ne pensais plus jamais revoir le jeune étudiant fauché qu’il était à l’époque. Quelques mois après notre rencontre, Michel et moi échangions notre premier baiser sur le tarmac de l’aéroport de Montréal. Depuis, nous ne nous sommes presque plus quittés ! Dix ans plus tard il me fait toujours autant rire,  c’est mon partenaire, mon ami, mon confident, mon homme. Vous l’aurez compris aujourd’hui c’est Mister Gaou qui prend la plume pour partager avec vous sa vision de l’immigration ! Michel est plutôt taciturne et moi plutôt bavarde. Depuis 10 ans je parle et il souffre en silence m’écoute. Je suis vraiment heureuse qu’il ait accepté de se prêter au jeu des questions/réponses car ce n’est pas du tout son truc ! J’en profite pour le remercier de m’avoir suivie dans cette aventure ambiguë qu’est l’immigration.

Voici sans plus attendre le témoignage de Mister Gaou himself. Enjoy !

Pourrais-tu te présenter en quelques mots?
Je m’appelle Michel, 34 ans. Je suis un papa Gaou Français

Depuis combien de temps vis tu au Canada et sous quel statut?
Depuis environ 9 mois. Je suis ici en tant que résident permanent.

Où habitais-tu avant d’arriver au Canada ?
Dans cette ville « sooooooo romantic » que l’on nomme Paris. Son so wonderful Rer D, son amaaaaazing
Rer A et ses lovely parisiens bien sûr. Re-pre-sent!

Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à tenter l’aventure?
Cf. ci-dessus 🙂

Comment se sont déroulés ton installation et ta recherche d’emploi?
Très bien. Je vis avec une psychopathe qui en sait plus que les services d’immigration eux-même donc on était très bien préparé ah ah! Le seul bémol de nos 15 premiers jours fut le logement. On avait loué un basement (logement en sous sol)…plus jamais! Mais bon,  on en rigole maintenant et puis je suppose que c’est le lot des immigrants. Pour trouver un vrai logement on a vadrouillé à droite, à gauche et finalement on a trouvé notre condo sur KIJIJI. Notre proprio nous a tout de suite aimés (ce sont ses propres mots). En même temps, on était en concurrence avec 2 colocs punks. Du point de vue de notre propriétaire on était déjà en pole position. Donc: visite à 16h et on signait le bail à…23h! Bon j’avoue c’est très bizarre car on est allé dans les bureaux de son agent immobilier et on a eu parfois l’impression de subir un interrogatoire. Certes amical mais quand même. Tout ça pour dire que: 1. On a eu les clés quelques jours plus tard 2. Je pense qu’on a été assez chanceux aussi.

Pour la recherche d’emploi, rien d’exceptionnel. Recherche en ligne,  envoi des « résumés » et « cover letters« . Des contacts avec des cabinets de recrutement mais les 2/3 d’entre eux ne vous contactent que pour alimenter leur base de données. Pour faire court (vu qu’on ne m’arrête plus), j’ai commencé les recherches vers le 10 septembre et 3 semaines plus tard, j’avais un travail. TRES IMPORTANT: vous serez peut être amenés à partir d’un échelon inférieur à votre précédent poste mais à moins que vous ne souhaitiez complètement changer de cap, restez dans votre domaine! (Attention cependant aux métiers qui nécessitent des certificats, parfois difficiles et/ou coûteux à obtenir). Si comme moi, vous travaillez dans la banque ET que vous parlez un BON anglais, vous ne devriez pas avoir de mal à trouver quelque chose.

Mettez bien votre profil LinkedIn à jour et surtout, FAITES VOTRE RESEAU. Un entretien téléphonique avec un recruteur? Envoyez-lui une requête, même s’il ne vous a pas retenu. La vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain!

Quelle est la différence culturelle qui t’as le plus marqué?

En bon Français (et épicurien) que je suis, j’aurais pu vous dire la nourriture. Mais il n’en n’est rien! Je parlerai donc des contacts humains. Il est assez difficile de tisser des liens avec les gens. J’ai l’impression qu’il y a une sorte de bulle invisible qui m’empêche d’aller au-delà des relations cordiales (et vice-versa). Un collègue Français, arrivé en même temps que moi au boulot a cette même impression. Je finirai sans doute par appréhender cet aspect-là un jour…ou pas 🙂

Quel aspect de la vie ici te plait vraiment ?
Les grands espaces, la sécurité, cette impression qu’on peut tout faire.

Peux-tu citer une chose qui ne plait pas du tout ici ?
L’IMPRESSION qu’on peut tout faire. La différence culturelle évoquée ci-dessus y est sans aucun doute pour beaucoup. De plus, le travail au Canada est bien différent. Il n’y pas d’esprit critique ici. Par esprit critique, vous aurez bien évidemment compris celui qui permet d’aller de l’avant. Ici, il faudra…beh je ne sais pas encore comment il faut faire en fait. A voir…

Quels conseils donnerais-tu aux aspirants immigrants ?
Économiser. Ne venez pas qu’avec votre baluchon! Encore moins si vous venez en famille. Les chiffres que les « VRP » canadiens vous donnent sont à multiplier par 2 ou 3, au bas mot. Ceux qui me connaissent savent que je ne fais rien au hasard, certes, mais prévoyez une bonne enveloppe malgré tout. A moins que vous n’aimiez l’aventure.

Pourrais-tu donner le mot de la fin en une citation /un proverbe?

Le mauvais chasseur, il voit un truc qui bouge, il tire…hein? Pardon, je m’égare.

C’est une maxime toute bête que je m’applique tous les jours: Qui peut le plus, peut le moins. Préparez-vous toujours au pire scenario. Vous n’aurez ainsi que des bonnes surprises.

 

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Crédit photo : ici

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Catégories :Temoignages de Gaous

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5 réponses

  1. C’est fou, ici, tout le monde répond la nourriture! 🙂

  2. Lol ! Il y a la nourriture ici aussi mais on va dire que c’est un « problème` facile à résoudre contrairement aux rapports humains qui sont vraiment différents ici 🙂

  3. C’est vrai qu’il a l’air marrant 🙂 Un vrai du bouchonnois!

    Je me suis toujours demandée ce que ça faisait de vivre dans un « basement ». Quand je suis arrivée au Canada, je n’arrivais pas à croire que ça se louait… et pourtant, j’en avais visité des chambres de bonne pourries à Paris!

  4. Sympa d’avoir un autre son de cloche. Il est aussi amusant que vous et c’était un plaisir de lire toutes ces impressions d’un point de vue masculin. Merci.

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