Un Gaou à Montréal: Papa

papis

Je vous disais sur la page Facebook que j’allais faire une série d’articles intitulée un Gaou à Montréal.Pour inaugurer cette série,je vous propose le témoignage d’un immigrant Sénégalais, récemment arrivé en tant que résident permanent à Montréal. Lui et moi nous connaissons depuis des lustres
et j’ai vraiment été touchée qu’il accepte d’être mon cobaye de se prêter au jeu des questions/réponses. Voici sans plus attendre son récit.

Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Papa. Ce n’est pas une blague. Je suis aussi un vrai papa, marié et originaire du Sénégal. J’ai 31 ans et travaille dans l’informatique.

Depuis combien de temps vis tu au Canada et sous quel statut ?

De Dakar, j’ai été parachuté en France comme étudiant. Par la suite, l`obtention du graal de salarié m’a permis de rester encore quelques années. Jusqu’en 2013, où l’autre graal de résident permanent m’a ouvert des opportunités pour venir m’installer en avril dernier à Montréal.

Où habitais-tu avant d’arriver au Canada ?

Comme je le disais plus haut, j’habitais en France pendant 12 ans.
Pour le moment j’ai vécu plus dans mon pays d’origine qu’à l’étranger. Tendance qui s’inverse dangereusement et rapidement.

Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à tenter l’aventure ?

Un milkshake de 3 ingrédients majeurs.

(UN : l’ingrédient sucré) – C’est une destination que je rêvais de découvrir depuis mon adolescence. Envie fortement influencée par de la famille venue étudier ici à l’époque, ainsi que Radio Canada que je suivais à la télé. Il faut dire qu’ils proposaient pleins d’émissions divertissantes/instructives pour moi. AU point qu’en 2003 je pensais déjà fortement à venir m’installer ici. Cependant la cherté des études m’en a vite dissuadé. Du coup, le rêve a été nourri jusqu’à ce qu’il se concrétise en réalité.

(DEUX : l’ingrédient salé) – Je l’admets la France m’a beaucoup apporté en expériences, connaissances, rencontres et autres bons points. Cependant elle m’en a fait plus baver, douter, rebeller, crier, murmurer, pester tout seul (rassurez-vous je ne vais pas tous les citer au risque de vous endormir). Mon ressenti personnel est que plus j’avançai dans le temps, plus je me sentais enfermé dans une boîte. Sans compter, les frustrations liées plus ou moins au racisme (oui oui j’en ai vécues quelques unes, mais pas beaucoup), des titres de séjour (ceux qui connaissent ont déjà des souvenirs qui leurs reviennent en tête), le logement (un 3ie graal), et j’en passe.

Au bout de ma 8ie année, mon bilan personnel était que la balance de mon expérience « française » penchait plus du côté des inconvénients, que des avantages, tant financiers que sociaux. Une impression d’en gagner moins, de ne pas pouvoir réaliser plus. D’être constamment en conflit, dans le bus, en voiture, dans les bureaux, au travail, dans la rue et même dans ma propre tête 🙂
Bref, je ne pouvais plus rester là bas plus longtemps…

Ce qui m’amène au 3ie ingrédient.

(TROIS : l’épice ou ingrédient de finition) – Ma solution était toute trouvée. Elle se traduisait par une envie folle de « quitter ». Au départ, peu importait la destination. Puis le rêve a fini par s’imposer : le Canada. Je dois dire que la procédure d’immigration plus simple que celles de ma short list de destination y a beaucoup contribué : j’étais déjà venu plusieurs fois à Montréal en vacances, j’y ai de la famille et beaucoup d’amis. La décision était facile.

Comment se sont déroulés ton installation et ta recherche d’emploi

Tout d’abord, je me suis beaucoup renseigné dès la constitution de ma demande d’immigration. Forums, site, amis, blogs, marché du travail tout y est passé. J’ai fait une liste de ce qui pourrait être bloquant, ainsi qu’une liste des forces. C’était comme une prise de médicament, matin midi et soir tous les jours!

Pour le réseautage, même chose, linkedin, amis, connaissances tout y passait pour avoir l’info, mais aussi vérifier si elle est juste. Un exemple tout bête, mon métier avait un autre nom ici.
Du coup, j’ai appris que certaines certifications m’auraient permis de mieux m’insérer dans le monde du travail. J’en ai donc faites quelques unes pendant le traitement de mon dossier à Paris.
Puis se sont enchaînés les salons Quebec à Paris, les entretiens skype, les contacts directs avec des recruteurs sur linkedin, entretiens téléphoniques etc.
Jusqu’à trouver un emploi dans mon domaine, 2 jours avant mon arrivée prévue! Le coup de bol….
L’installation a été encore plus simple, vu que j’ai de la famille et des amis.
La facilité avec laquelle j’ai fait mes démarches administratives et ma recherche de logement m’ont juste bluffé!

Par contre, les 1ers mois au travail ont été durs : chocs de culture et differente façon de faire. Mais en 3 mois, nous étions déjà en « lune de miel ». Les gens sont aimables d’emblée (en tout cas à Montréal et là où j’ai pu aller). Bref, je me sens bien.
Maintenant j’attends que le temps passe avant de faire un bilan. Néanmoins, la tendance est plus qu’encourageante.

Ne vous y méprenez pas. Il y a aussi des côtés négatifs comme partout.
Se faire virer du jour au lendemain, le système de santé est chaotique, les transports bof, etc.
Seulement, dans mon cas, et « par rapport à » l’endroit d’où je viens, la qualité de vie est au rendez-vous.

Pourvu que ça dure…

Quels conseils donnerais-tu aux aspirants immigrants ?

« Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. »

Dans le cadre de notre entretien, j’aimerais que ce proverbe soit compris comme une incitation à se préparer, anticiper, s’informer le plus tôt possible et partout.

Si on veut aller en vacances, on ne se pointe pas à l’aéroport pour ensuite se demander où aller, non?
Pareil, si on va à la piscine, on attend pas d’y être pour constater qu’il nous fallait un maillot, des sandales…pire qu’il fallait savoir nager peut-être.
Une recette peut marcher pour l’un et complétement foirer pour l’autre. Ce que je veux dire par là, c’est que chacun a ses paramètres, qui font de lui un être unique. Donc une réponse unique à son projet, dans sa globalité. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas des mini réponses applicables à un groupe qui lui ressemble 😉
Anticipez! Et l’information est votre meilleur atout. Ça se verra lors de vos entretiens de toute façon.
Oups, j’ai anticipé la question suivante lol

Pourrais-tu donner le mot de la fin en une citation / proverbe ?

Je souhaite vraiment bon courage à tous, chacun a sa vie, ses contraintes et forces.
Que ce soit au Canada, en France ou sur Jupiter, chacun sait mieux que les autres là où il se sent le mieux.
Je remercie tous ceux qui ont pris le temps de me lire.
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Catégories :Temoignages de Gaous

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3 réponses

  1. J’aime beaucoup l’analyse de ton ami Papa (et quel super prénom!) sur son besoin de quitter la France. Quand on me demandera pourquoi je suis partie, je la replacerai!

  2. Super Papa tes conseils stimulants ! bonne continuation et merci aux Gaous pour ce partage.

  3. Merci Madame Gaou pour l’interview . Et merci Papa (super prénom) pour les réponses si positives.
    J’aime bien la phrase:
    « Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. »
    A prendre au sens propre et figuré! Sur le continent américain il a raison mieux vaut s’y prendre tôt. Pour y penser et pour y vivre.
    Bonne chance à Papa et aux Gaous.

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